Ma maman m’avait bien dit…

Quand on est petits, la différence intrigue, la différence questionne…mais avec cette légèreté, cette innocence qui caractérise les enfants.
Et puis les adultes qui nous entourent, nous expliquent que la différence est là, qu’elle ne doit pas déranger, qu’elle existe, qu’elle doit être respecté, qu’elle est riche, qu’elle est forte, qu’elle est belle. Les adultes nous explique qu’on ne doit pas regarder avec trop d’insistance, de travers, ou de curiosité ceux qui sont différents.

Qu’importe la différence.

La différence peut se porter dans une couleur de cheveux, une langue, une culture, une religion. La différence est parfois plus cruelle, plus douloureuse, plus voyante. Ou au contraire parfois elle ne se voit pas. La différence est partout.

FIGURINES SENSIBILISATION HANDICAP

 

Et puis on se rends compte en grandissant, que certains adultes, quand ils étaient enfants, ont manqué de cette explication, et ne l’a donne pas non plus aux enfants qu’ils élèvent. Voilà comment naît un cycle infernal de manque de respect, de paroles qui blessent, de regard qui dérange…

Nous parents d’enfants handicapés, on a peur. Peur du regard des autres, qui nous attriste, qui nous peine. Mais peur encore plus de ce que notre enfant pourra entendre dans quelques années, peur du poids des mots, du manque d’empathie des gens qu’elle sera amené à rencontrer dans sa vie. 
Découvrir la vie, en découvrant combien elle peut être cruelle. Parce que je le sais, nos bras ne sauront parfois pas assez grands, nos mots pas assez doux, nos baisers pas assez sucrés pour essuyer sa colère, sa rage, de se sentir différente. Les moqueries ne seront qu’une plume sur le poids du fardeau que représente son handicap, et pour autant elle sera parfois plus lourde que tout le reste.

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Je suis sur tout les tableaux, et bien plus encore…Secrétaire à la ville, comme à la maison, jonglant entre des rendez vous médicaux, les problèmes administratives, et les barrières des cases dans lesquelles on ne rentre pas.

L’école parait loin pour tous les parents dont les enfants rentreront, comme les notres l’an prochain, et pourtant nous, nous commençons à réfléchir à nos armes. A l’heure où certaines choisiront la couleur du cartable, nous aurons déjà envoyé un dossier de plusieurs dizaines de pages, la boule au ventre, le sommeil perturbé par l’attente d’une réponse qui conditionne l’avenir scolaire, mais pas que. Nous mènerons un combat dans les mois qui arrivent dans l’attente d’une AVS. Nous jonglerons avec l’angoisse de savoir comment va se passer l’accueil par la maitresse, les autres enfants, les adultes.
Le hasard fera-t-il bien les choses?

Aujourd’hui notre fille est handicapée, Dieu seul sait comment il va évoluer. Personne ne peut dire ce que l’avenir nous réserve, lui réserve. Aujourd’hui l’avenir est incertain, l’avenir est flou, trouble, loin.

Alors à toi qui jette un regard en coin dans le parc sur cet enfant que tu trouves différents, à toi qui trouve ça bizarre, je vais te dire ces mots auxquels je repense parfois, des mots innocents prononcés par ma maman il y a 20 ans, un jour que j’avais un regard un peu trop insistant « Ne regarde pas les gens comme ça parce qu’elle est handicapée, c’est une petite fille, comme toi. Et tu n’aimerais pas qu’on te regarde comme ça. »  Des mots simples, parce qu’en fait la vie est belle, la vie est simple, si on respecte l’autre, si on respecte la différence.

Personnes Handicapées, Symbole, Fauteuil Roulant

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5 commentaires sur « Ma maman m’avait bien dit… »

  1. J’ai grandit avec un enfant polyhandicapé. Enfin grandit, j’ai fait sa connaissance à l’âge de 7 ans et ça n’a pas été facile de passer de la théorie à la réalité. Mais ça a été une vraie richesse et même si je ne suis pas à l’aise avec tous les handicaps, je m’efforce chaque fois d’être la plus ouverte possible. Et je sais que l’éducation que je donne à mes enfants est accès sur l’ouverture et la tolérance de toutes les différences mais un discours n’est pas forcément gage de succès ensuite (j’ai en tête quelques remarques naïves d’enfant qui déformé par le spectre de l’adulte peut être mal interprétée). En tout cas il y a un gros travail à faire en France pour l’intégration des enfants handicapés à l’école. Ce statut d’AVS, ces enfants qui ne savent pas qui va les accompagner d’une année sur l’autre…. Quel parcours du combattant sans cesse renouvelé….

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  2. Les mots de ta maman sont beaux. C’est vrai qu’il faudrait qu’on soit tous informés, conscients. Mais ce n’est pas vraiment comme ca que la société « zéro différence  » nous éduque, j’ai l’impression. Ça doit être d’autant plus compliqué à gérer que ca s’ajoute au reste.

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  3. Tout dépendra de l’école surtout. Soyez vigilants sur l’école, la directrice/directeur, la maîtresse ou le maître. Si vous pouvez surtout C’est ça qui est vraiment important. Une école ouverte sera la base de tout pour Vous et mini vous.

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      1. Attention, la carte scolaire n’est aucunement une obligation. On peut tout à fait mettre ses enfants dans une école d’un autre secteur. Pour ça il faut prendre rendez-vous avez les écoles, voir si ça passe et demander une dérogation sachant que si le directeur/directrice est ok, la dérogation est quasiment acquise. Il y a aussi les écoles privées et publiques ce qui laisse un « choix » minime mais au moins un petit choix.

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