A cette maman fatiguée…

A toi, cette maman qui dépose en moins de 10 min le petit à la crèche, le moyen en maternelle et le grand en primaire,

A toi, qui répète beaucoup trop  » Dépéchez vous, on va être en retard »

A toi, qui compte les minutes qui te restent pour attraper ton bus, ton train, pour être à l’heure au travail,

A toi, pour qui le mot congé rime avec corvés,

A toi, qui trouve les journées beaucoup trop longues, et les nuits beaucoup trop courtes,

A toi, qui souffle une fois assise au travail, d’avoir réussi ce petit chalenge matinal…la boule au ventre d’avoir tant pressée tes petits

A toi, qui a l’impression que le temps file, ne s’arrête plus, que tout t’échappe

A toi, qui cherche à toujours gagner du temps,

A toi, qui une fois la portière claquée, la porte de la salle de bains fermée, a déjà explosé, pleuré de rage, de fatigue, de douleurs, de culpabilité,

A toi, qui a déjà allongé ton trajet de voiture, ton temps au toilette, ou au téléphone, juste pour pouvoir respirer, puis qui a culpabilisé,

A toi, qui a déjà beaucoup trop crié, trop grondé, trop puni,

A toi, qui a déjà culpabilisé, A toi, qu’on a déjà fait culpabiliser,

J’ai envie de te dire ce que j’ai compris. J’ai enfin compris cette phrase beaucoup trop entendu d’Audrey Hepburn :

Le plus difficile dans la maternité, c’est cette inquiétude intérieure que l’on ne peut pas montrer.

J’ai envie de te dire que même si l’on est prête à tout pour nos enfants, qu’on veux être à la hauteur des espérances qu’on nourrissait pendant notre grossesse, ne pas faire les erreurs qu’on a vues chez les autres. Être à la hauteur de ces attentes, qu’eux, qu’ils, la société, le monde, entretiennent sur la maternité.

Je sais, plus que quiconque, que tout ne peut pas toujours être parfait. Que ça arrive de trouver ça trop dure, trop difficile à porter, épuisant, fatiguant.

J’ai envie de te dire que pour nos enfants, on est le roc dans le chaos, le phare dans la tempête, leur repère, leur port d’attache, celle qui sera toujours là. J’ai envie de te dire que ça existe les pannes d’électricité, les barres d’énergies déchargées, la panne de batterie sans chargeur à proximité. On a le droit. Même avec le plus parfait des pères à nos côtés, même avec des enfants sages, même en étant mère au foyer. On a le droit de trouver que cette attente est dure à combler. On a le droit d’être fatiguée de cette inquiétude permanente. On a le droit.

J’ai compris que ces émotions sont intenses, difficiles, éreintantes, mais nécessaires. Nécessaire à se reprendre en mains, à faire le point, à réaliser qu’on s’est oubliée et que c’est le moment là de se retrouver. De retrouver ses rêves, ses espoirs, sa confiance en l’avenir. C’est le moment de retrouver la lumière, et de briller. Ou que c’est le moment d’accepter de passer le relai, le temps de recharger le soleil éteint. J’ai compris que la raison n’était pas importante, tant que les émotions étaient là, et qu’on les respectaient, les écoutaient. J’ai compris qu’elles étaient légitimes, acceptables, humaines.

J’ai compris qu’être mère, c’était aussi avoir des faiblesses. J’ai compris qu’être adulte, c’était les respecter.

J’ai compris que c’était elles qui faisaient de nous de bonnes mères.

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5 commentaires sur « A cette maman fatiguée… »

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